Volume 13 • 2026 • Numéro 2

Le magazine de l’Association dentaire canadienne 2026 • Volume 13 • Numéro 2 PM40064661 Frein de langue et allaitement : Voir autrement l’ankyloglossie en cabinet dentaire Page 18 + DANS CE NUMÉRO Rééquilibrer le microbiome buccal P. 27 La vaccination à l’œuvre P. 20 Dernier hommage Dr Gordon Thompson P. 38

Remplissage en vrac bioactif auto-nivelant de nouvelle génération PRÉSENTATION Soutien à la reminéralisation naturelle1 Protection secondaire des caries2 • Utilisation en remplacement de la dentine ou remplissage en une seule étape3 (profondeur de polymérisation illimitée4); • Peut être utilisé avec ou sans couche de recouvrement; • Monomère breveté de réduction des contraintes (MODULUSMC), taux de contrainte de rétraction le plus élevé de sa catégorie5. Facilité et efficacité du remplissage en vrac • La technologie ShadeFusionMC remplace les teintes VITA courantes; • Chroma et translucidité optimales, très esthétiques • Simplifie l’inventaire Abat-jour universel • Libération et recharge du fluorure, du calcium et du phosphate • Défense contre les microfuites par la formation d’apatite minérale2 • Modulation du biofilm6 Soutien à la reminéralisation Remplissage en vrac | Auto-nivelant | Libération et recharge des fluorures, du calcium et du phosphate | Double durcissement | Tolérant à l’humidité | Sans BPA | Fabriqué aux États-Unis Balayez pour visionner une vidéo La solution de classe II que vous attendiez www.pulpdent.com The Higher Standard of Care 1Le processus de reminéralisation est un mécanisme de réparation naturel qui restaure les minéraux, sous forme ionique, dans le réseau cristallin de l’hydroxyapatite (HAP). Source : Arifa MK, Ephraim R, Rajamani T. Recent advances in dental hard tissue remineralization: a review of literature. Intl J Clin Ped Dent. 2019:12; 2:139. 2Activa Bioactive scelle physiquement le bord de l’interface entre le matériau et la dent par la formation d’apatite minérale, protégeant ainsi contre les microfuites, cause principale des caries secondaires et des caries récurrentes. Les micrographies électroniques à balayage des groupes de restauration BioACTIVE - ACTIVA BioACTIVE - RESTORATIVE ont montré une »couche plus épaisse de type hybride résistante aux acides et aux bases avec un schéma de cristallisation distinct. » (Raghip AG, Comisi JC, Hamama HH, Mahmoud SH. Analyse élémentaire et micromorphologique in vitro de l’interface résine-dentine des composites bioactifs et de remplissage. Am J Dent. 2023;36{1}:3-7.) 3« Onestep » décrit la mise en place suivant les étapes de préparation, de mordançage et de collage. Consultez le mode d’emploi d’Activa Bioactive Bulk Flow pour obtenir des instructions complètes. 4Mode de double polymérisation. 5Activa Bioactive Bulk Flow - test de taux de contrainte de rétrécissement dans le même groupe statistique que SDR Flow. Source : Test universitaire indépendant, publication en attente (2025) : American Association for Dental, Oral, and Craniofacial Research. 6Voir : Maher YA, Rajeh MT, Hamooda FA et coll. Évaluation de l’impact clinique et des activités antibactériennes in vitro de deux restaurateurs bioactifs contre S. mutans ATCC 25175 dans les restaurations carieuses de classe II, Nigerian Journal of Clinical Practice, 2023; 26(4):404-411 et Mah J, Merritt J, Ferracane J. Adhésion des biofilms de S. mutans sur des composites dentaires potentiellement antimicrobiens. J Dent Res. 2017; 96: 2560.

Responsable de la gouvernance et des communications Zelda Burt Chef de la rédaction Sean McNamara Rédacteurs-réviseurs Sierra Bellows Gabriel Fulcher Pauline Mérindol Spécialiste des publications Michelle Bergeron Concepteur graphique Carlos Castro Publicité de Pour toute demande concernant les annonces publicitaires, les annonces en ligne et les petites annonces, ou pour obtenir le dossier de presse 2026 de l’ADC, veuillez contacter : Michelle Bergeron, Spécialiste des publications de l’ADC mbergeron@cda-adc.ca L’essentiel de l’ADC est disponible en ligne à l'adresse cda-adc.ca/fr/ essentials. Toutes les annonces publicitaires et petites annonces sont incluses dans la version PDF complète, avec des liens directs vers les sites Web des entreprises/ produits. La version en ligne L’essentiel de l’ADC génère plus de 21 000 pages vues par mois. Point de contact de Michelle Bergeron, Spécialiste des publications de l’ADC mbergeron@cda-adc.ca Courriel de L’essentiel de l’ADC : publications@cda-adc.ca Avis de changement d’adresse à envoyer à : reception@cda-adc.ca ou publications@cda-adc.ca cda-adc.ca L’essentiel de l’ADC est publié par l’Association dentaire canadienne dans les deux langues officielles. Entente d’envoi de poste-publications no 40064661. Retour des envois non distribuables aux adresses canadiennes à : Association dentaire canadienne, 1815, promenade Alta Vista, Ottawa (Ontario) K1G 3Y6. ISSN 2292-7387 (version imprimée) ISSN 2292-7395 (version électronique) © Association dentaire canadienne 2026 Avis de non-responsabilité Les collaborateurs assument l’entière responsabilité de leurs opinions et des faits dont ils font état et ceux-ci n’expriment pas nécessairement les opinions de l’Association dentaire canadienne (ADC). La publication d’une annonce commerciale ne signifie pas nécessairement que l’ADC en appuie ou en endosse le contenu. L’équipe éditoriale se réserve le droit de corriger les textes soumis pour publication dans L’essentiel de l’ADC. De plus, l’ADC ne peut être tenue responsable des erreurs de texte ou de traduction. Le contenu commandité est créé exclusivement par les annonceurs, en partenariat avec PGMPI. L’équipe éditoriale de L’essentiel de l’ADC n’intervient pas dans sa création. Conseil d’administration de l’ADC Président Dr Bruce Ward Dre Lesli Hapak Ontario Énoncé de mission de l’ADC Fondée en 1902, l’ADC est une organisation constituée sans but lucratif et en vertu d’une loi fédérale, et dont les membres corporatifs sont les associations dentaires provinciales et territoriales (ADPT) du Canada. L’ADC représente plus de 21 000 praticiens d’un océan à l’autre et est une marque et une source d’information fiable pour et sur la profession dentaire concernant des questions nationales et internationales. est la publication imprimée officielle de l’ADC, offrant un dialogue entre l’association nationale et la communauté dentaire. Le magazine sert à informer les dentistes au sujet d’actualités, de nouvelles cliniques et d’enjeux pertinents à la profession. Dr Brian Baker Saskatchewan Président désigné Dr Kirk Preston Vice-président Dr Jason Noel Dre Joy Carmichael Nouveau-Brunswick Dr Jerrold Diamond Alberta Dre Mélissa Gagnon-Grenier T.N.-O./Nunavut/Yukon Dr Raymon Grewal Colombie-Britannique Dre Janice Stewart Île-du-Prince-Édouard Dr Paul Hurley Terre-Neuve-et-Labrador Dr Stuart MacDonald Nouvelle-Écosse Dr Marc Mollot Manitoba 2026 • Volume 13 • Numéro 2 @CdnDentalAssoc canadian-dentalassociation Canadian Dental Association cdndentalassoc cdaoasis 3 Numéro 2 | 2026 |

Sommaire L’ADC sur le terrain 7 Mot du président : Un mandat marqué par la gratitude 8 Mois national de la santé buccodentaire : Une occasion de rappeler l’importance de la prévention L’observatoire 11 En bref 14 Aller aux nouvelles de la communauté de soins buccodentaires au Canada : L’Association canadienne de recherches dentaires 16 Une famille transforme l’anxiété dentaire en une mission Point de mire 18 Frein de langue et allaitement : Voir autrement l’ankyloglossie en cabinet dentaire 20 La vaccination à l’œuvre 27 Rééquilibrer le microbiome buccal Dernier hommage 38 Dr Gordon Thompson Pratico-pratique 30 Il est essentiel pour votre santé mentale et votre bonheur d’accepter le changement 33 Du cabinet à la culture : pourquoi le leadership est plus important que jamais Le magazine de l’Association dentaire canadienne 2026 • Volume13 • Numéro 2 Petites annonces 35 Postes vacants, postes universitaires et index des annonceurs 8 16 20 38 5 Numéro 2 | 2026 |

Demandez vos échantillons gratuits ! Code Promotionnel: FLWCDA26 OMNICHROMA Flowables s’adaptent esthétiquement à toutes les teintes dentaires, de A1 à D4. Avec une teinte unique, les deux viscosités répondent à différents besoins restaurateurs, allant des réparations de porcelaine et du tapissage des cavités, jusqu’au comblement en masse de larges cavités classes I et II, ainsi que des lésions d’abfraction de classe V. Les composites OMNICHROMA offrent aux cliniciens une solution efficace permettant de gagner du temps et de l’argent, ainsi que la flexibilité pour aborder toute restauration directe avec différentes viscosités. TOUTES LES TEINTES. UN SEUL CHOIX. Deux Flowables. Plus d'options !

Un mandat marqué par la gratitude Je suis reconnaissant d’avoir eu l’occasion d’occuper la présidence de l’ADC au cours de la dernière année. Ce fut un privilège de représenter les dentistes de tout le pays et de parler au nom de la profession. Au début de l’année, à Chicago, je parlais du Régime canadien de soins dentaires et des actions de sensibilisation qui ont mené à sa création à des collègues d’autres associations dentaires nationales. Ils étaient sincèrement impressionnés par le fait que le Canada étende les soins dentaires à des communautés qui autrement risqueraient d’en être privées. Je suis reconnaissant de vivre dans un pays qui prend la santé buccodentaire assez au sérieux pour mettre en place un programme capable de changer la vie des gens. Cette année, j’ai pu m’entretenir avec la ministre fédérale de la Santé et la sous‑ministre de la Santé. Ces rencontres visaient à établir des relations en vue de montrer que l’ADC est une source d’expertise digne de confiance pour toute question sur les soins buccodentaires. J’ai toujours pensé qu’une approche ouverte et informelle favorisait un dialogue constructif, et j’ai été encouragé de constater à quel point cela pouvait permettre de mieux comprendre les choses et de prendre des décisions mieux éclairées. Nous avons constaté d’importants progrès dans plusieurs dossiers cette année. Les dentistes sont désormais inclus dans le programme fédéral d’exonération de remboursement de prêts d’études et peuvent en profiter s’ils choisissent d’exercer dans des communautés négligées, une mesure visant à améliorer l’accès aux soins. La mise en place définitive d’un programme national d’alimentation scolaire constitue une autre avancée porteuse pour la santé buccodentaire des enfants. De plus, dans un contexte de restrictions budgétaires, il est remarquable que les soins dentaires continuent de faire partie des priorités politiques et budgétaires du nouveau gouvernement libéral, qui a maintenu le financement du Régime canadien de soins dentaires. Je suis reconnaissant du soutien que m’a accordé l’extraordinaire personnel de l’ADC. Il a toujours été là pour m’offrir des conseils et une aide inestimables. J’ai aussi eu le privilège de travailler avec un conseil d’administration hors pair, dont le dévouement, la prévenance et l’esprit d’équipe étaient remarquables. Il en va de même pour les présidences des associations dentaires provinciales et territoriales. Les relations solides entre l’ADC et ces associations, surtout cette année, représentent l’une des évolutions les plus encourageantes de mon mandat au conseil d’administration. Toutes les six semaines environ, les présidences se retrouvent pour une conférence téléphonique autour d’un café le dimanche matin. Ces échanges permettent de maintenir la communication et contribuent à favoriser la confiance et la compréhension à l’échelle du pays. Lorsque j’ai débuté ma présidence, il y avait déjà une solide structure de gouvernance et un plan stratégique, ce qui nous a permis de peaufiner notre fonctionnement. J’ai surtout apprécié la volonté de l’association à remettre en question les pratiques de longue date et à évaluer leur pertinence aujourd’hui. Le parcours de la dernière année place l’ADC dans une solide position tournée vers l’avenir. Occuper la présidence a été l’un des grands privilèges de ma carrière. Et quand je repense à l’année écoulée, je ne me rappellerai pas une réunion, un discours ou une discussion de politique en particulier. Je me souviendrai des gens – et je leur adresse toute ma reconnaissance. Mot du président Dr Bruce Ward president@cda-adc.ca Numéro 2 | 2026| L’ADC sur le terrain 7

Mois national de la santé buccodentaire : Une occasion de rappeler l’importance de la prévention En avril, les campagnes de sensibilisation du Mois national de la santé buccodentaire menées à l’échelle du pays rappellent que la santé buccodentaire est un élément essentiel de la santé globale. Pour la profession, ce mois est l’occasion de réfléchir à la mission préventive de la médecine dentaire et au rôle de premier plan des dentistes en ce sens. L’une des priorités de cette année sera de sensibiliser le public aux cancers de la bouche, notamment en améliorant sa connaissance des facteurs de risque, de la détection précoce, de la prévention et du lien entre le virus du papillome humain (VPH) et les cancers de la bouche. Cancers buccaux : L’importance de la détection précoce Les cancers de la bouche peuvent frapper n’importe qui. La détection précoce et le dépistage jouent un rôle essentiel dans l’amélioration des résultats. L’examen minutieux des tissus mous fait déjà partie intégrante des normes de soins buccodentaires. Les dentistes examinent systématiquement les bords latéraux de la langue, le plancher buccal, l’oropharynx et d’autres zones à haut risque. Ils abordent aussi couramment les facteurs de risque et les habitudes de vie, comme le tabagisme et la consommation d’alcool. VPH et discussion sur les risques Le VPH est un virus commun et un facteur de risque connu des cancers de la bouche. Certaines personnes l’associent principalement au cancer du col de l’utérus, tandis que d’autres ignorent à quel point il est répandu et que la vaccination constitue une protection sûre et efficace. Le cabinet dentaire peut aider les patients à comprendre ces liens. Les dentistes sont des sources d’information fiables et jouent un rôle essentiel dans la prévention et le dépistage. Il est important de rappeler aux patients qu’un autoexamen régulier et une attention particulière 8 | 2026 | Numéro 2

aux changements observés dans leur bouche, sur leurs lèvres ou dans leur gorge peuvent permettre de détecter rapidement tout ennui. Les patients peuvent prendre des mesures simples pour faire la différence, comme : z faire un autoexamen régulier de leur bouche, de leurs lèvres et de leur gorge; z parler de dépistage et de prévention avec leur équipe dentaire; z poser des questions, s’informer et inclure la prévention dans leurs habitudes quotidiennes d’hygiène dentaire. L’inclusion systématique de l’examen des tissus mous et du dépistage des cancers buccaux dans les soins dentaires complets renforce leur importance et peut donner lieu à des échanges qui contribuent à établir un profil de risque global. La prévention a toujours été la pierre angulaire de la médecine dentaire. Aujourd’hui, ce principe s’étend aux échanges avec les patients; ces discussions peuvent avoir des répercussions déterminantes sur leur vie. Le Mois national de la santé buccodentaire est l’occasion de réaffirmer cet engagement. En faisant davantage de sensibilisation sur les cancers buccaux, en encourageant le dépistage et en aidant les patients à comprendre le lien entre le VPH et les cancers, la profession dentaire continue de renforcer son rôle dans la protection de la santé de la population canadienne. Lancez la discussion. Encouragez les patients à examiner leur bouche. Aidez à faire de la prévention un incontournable de l’hygiène buccodentaire quotidienne. Pour plus d’information sur les ressources de la campagne pour le Mois national de la santé buccodentaire, voir : bit.ly/3PHeLua L’ADC sur le terrain

Les embouts conducteurs droit et gauche adaptent les embouts fendus simultanément des deux côtés de l’embrasure Le coin Quad utilise un design révolutionnaire à embout fendu avec des ailes souples et un bloc de préhension sécurisé pour un contrôle précis. La conception spéciale des dents et la géométrie de l'embout permettent à cet instrument polyvalent d’offrir seize fois la force de préhension des pinces à coton standard, tout en conservant une sensibilité optimale pour la pose et le retrait. CONCEPTION AVANCÉE POUR DES CAS COMPLEXES © 2026 Garrison Dental Solutions, LLC Appel gratuit : 888-437-0032 | www.garrisondental.com | www.garrisondental.com ADCA426CDA Anneaux durables - résultats sans flash Le fil de nickel-titane laminé exerce une pression de séparation durable, en plus des embouts ultra-adaptatifs Soft-Face™ pour réduire le flash. Scellement cervical amélioré Les coins Quad à embout fendu combinés à l'embout conducteur sur les anneaux Quad produisent un scellement cervical indépendant des deux côtés des restaurations adjacentes. Flux de travail Quadrant La conception asymétrique de l’embout améliore l’ajustement de l’anneau, la stabilisation de la matrice et la séparation des dents, autant d’éléments essentiels pour obtenir des résultats optimaux sur des préparations de Classe II complexes impliquant plusieurs dents ou des dents adjacentes. Techniques pour réussir Balayez le code pour consulter des cas Quad, des vidéos techniques et des questions fréquemment posées en suivant ce lien. Pinces à coin pour bande avancées Parfait pour : • Pose/retrait de bandes matricielles • Pose/retrait de coins • Remplacement polyvalent des pinces en coton BWI

En octobre 2025, Santé Canada a instauré de nouveaux plafonds pour le remboursement des frais de laboratoire commercial dans le cadre du Régime canadien de soins dentaires (RCSD), afin de tenter de mettre un frein aux pratiques de facturation abusives. Santé Canada a déclaré que la majorité des dentistes qui soumettent des frais habituels et courants n’auraient pas à s’en faire avec ces mesures. Cependant, ce changement de politique a involontairement touché de nombreux dentistes, ce qui a entraîné une augmentation considérable des frais à la charge de certains patients. À la suite d’efforts concertés déployés par l’ADC et les associations dentaires provinciales et territoriales, Santé Canada a reconnu la nécessité de revoir les plafonds de remboursement des frais de laboratoire et a confirmé leur rehaussement à compter du 1er avril 2026. Même si cette décision n’est pas appliquée rétroactivement, elle établit un cadre plus approprié pour le remboursement des frais de laboratoire et renforce les bases d’une collaboration continue avec Santé Canada afin de garantir que le RCSD réponde aux besoins des dentistes et des patients. En mars 2026, Santé Canada a avisé l’ADC et les associations dentaires provinciales et territoriales que des cabinets dentaires lui soumettaient directement par la poste ou par courriel certaines demandes de préautorisation et de révision. Or, Santé Canada ne statue pas sur de telles demandes et ne peut par conséquent pas les accepter ni les traiter. Toutes les demandes de préautorisation et de révision doivent être soumises à Sun Life, en suivant la démarche décrite dans le Guide des prestations dentaires. Une partie de la confusion pourrait émaner du site Web de la Sun Life consacré au programme de vérification des demandes de remboursement et au processus d’appel; la page pourrait être interprétée à tort comme contenant des instructions relatives à la révision des demandes de préautorisation. Santé Canada travaille avec la Sun Life pour mettre à jour ce site et clarifier l’information. Entre-temps, veuillez vous assurer d’acheminer toutes les demandes de préautorisation et de révision à la Sun Life. Frais de laboratoire Demande de préautorisation et de révision En plus du rehaussement important des plafonds de remboursement des frais de laboratoire commercial (voir ci-dessous), plusieurs autres changements importants au guide des prestations dentaires et grilles tarifaires du RCSD sont entrés en vigueur le 1er avril 2026, notamment : • les tarifs ont connu une augmentation générale; • des mises à jour reflètent les changements de décembre 2025 au guide des prestations, comme la modification de la limite de fréquence des examens; • les grilles tarifaires reflètent les codes de sédation du Guide du système de codification standard et du répertoire des services de 2025, ce qui les rend clairs et facilite la coordination des prestations; • les codes 41301 et 41302 pour les actes de désensibilisation sont passés à la nomenclature B, dont les services exigent une autorisation préalable; Guide des prestations dentaires et grilles tarifaires du RCSD • les prothèses complètes immédiates sont regroupées à la nomenclature A, avec les prothèses de transition, et sont limitées à une prothèse au cours d’une vie; • un code a été ajouté pour les consultations hors du cabinet, soit en établissement, qui ne sont pas de routine (p. ex. : les soins d’urgence); • le garnissage de certaines prothèses est passé du statut d’exception à la nomenclature A. Ces mises à jour visent à améliorer la clarté, la cohérence et la prévisibilité pour les cabinets dentaires qui dispensent des soins dans le cadre du RCSD. EN BREF Voir : bit.ly/4uWJjrT Voir : bit.ly/4thgBjP 11 Numéro 2 | 2026 |

En janvier 2026, Santé Canada a publié un nouveau document en langage simple contenant des informations probantes sur le choix et l’utilisation d’un produit de cannabis à des fins médicales. La ressource, intitulée Informations sur l’utilisation du cannabis à des fins médicales, vise à aider les patients à prendre des décisions éclairées pour la consommation à moindre risque de cannabis et à aider les professionnels de santé dans leurs échanges avec les patients au sujet de la consommation de cannabis à des fins médicales. Jusqu’à présent, Santé Canada n’a pas autorisé l’utilisation de produits de cannabis pour traiter une maladie ou des symptômes en particulier. Toutefois, les études publiées, bien peu nombreuses, suggèrent que le cannabis pourrait soulager des douleurs chroniques non cancéreuses (principalement neuropathiques), l’insomnie et la dépression associées aux maladies chroniques. À l’heure actuelle, Santé Canada ne dispose pas de données suffisantes pour recommander un produit de cannabis particulier pour traiter un trouble de santé spécifique. Consommation de cannabis à des fins médicales Voir : bit.ly/4dlT3pk Une nouvelle directive de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) formule des recommandations fondées sur des données probantes concernant l’utilisation sûre et efficace de matériaux dentaires sans mercure et d’interventions minimales pour prévenir et traiter les caries dentaires, conformément à la Convention de Minamata sur le mercure et aux priorités mondiales en matière de santé buccodentaire. Cette ressource, intitulée WHO guideline on environmentally friendly and less invasive oral health care for preventing and managing dental caries, évalue l’efficacité clinique, le rapport coût-efficacité, la toxicité et l’incidence environnementale des vernis fluorés, du fluorure d’argent diamine, des scellants de puits et de fissures, des ciments verre-ionomères, des composites à base de résine et des matériaux apparentés. Elle intègre des évaluations et des principes directeurs fondés sur la méthodologie GRADE, notamment la prévention d’abord, les soins peu invasifs, la prise de décision partagée et le principe de précaution, ainsi que des recommandations visant à atténuer les risques pour les groupes vulnérables et des mesures de sécurité au travail. Elle aborde aussi des stratégies de mise en œuvre, des considérations relatives à la durabilité et les lacunes en matière de recherche, afin d’aider les pays à opérer la transition vers des soins buccodentaires sans mercure et écologiques. Ressource de l’OMS sur la prévention et le traitement des caries dentaires Voir : bit.ly/4s2eeAj [en anglais] 12 | 2026 | Numéro 2

CHARGEZ-LE, IL FAIT LE RESTE. Libère 6,5 heures par semaine pour les soins aux patients. www.scican.com/fr/loaditandleaveit Réduit les coûts de nettoyage des instruments jusqu'à 70 %.1 LAVAGE MANUEL ET LAVAGE AUTOMATIQUE : COMPARAISON Réduit l'exposition aux objets tranchants lors du retraitement.2 SCANNER POUR EN SAVOIR PLUS Gagnez du temps et de l'argent grâce au lavage automatisé. Grâce à sa capacité accrue et à son écran tactile convivial, notre nouveau laveur d’instruments automatique vous offre un moyen plus sûr, plus rapide et plus facile pour optimiser votre flux de travail et faire des économies. HYDRIM 112W G4+ Laveur d’instruments HYDRIM is a registered trademark of SciCan Ltd. Fabriqué pour : Dent4You AG Bahnhofstrasse 2, CH-9435 Heerbrugg Distribué par : Coltene/Whaledent Inc. 235 Ascot Pkwy. Cuyahoga Falls, OH 44223 Distribué par : SciCan Ltd. 1440 Donmills Rd. Toronto, ON M3B 3P9 1 Les coûts de nettoyage sont calculés sur la base d’un cabinet dentaire travaillant 5 jours par semaine, en comparant le lavage automatisé aux méthodes de nettoyage manuelles. 2 Younai, F., Murphy, D., Kotelchuck, D. (2001). Expositions professionnelles au sang dans un environnement d’enseignement dentaire : résultats d’une étude de surveillance sur dix ans.

Aller aux nouvelles de la communauté de soins buccodentaires au Canada : L’Association canadienne de recherches dentaires (ACRD) Entretien avec la présidente de l’ACRD, la Dre Leigha Rock, au sujet des efforts menés par son association. La Dre Leigha Rock est présidente de l’ACRD et professeure agrégée à l’École d’hygiène dentaire de l’Université Dalhousie. Elle a aussi une double affectation au Département de pathologie de la Faculté de médecine. Elle est chercheuse à l’Institut de cancérologie Beatrice‑Hunter et a une affectation scientifique au Département d’anatomopathologie à Santé Nouvelle-Écosse. Ses recherches portent sur la prévention des cancers de la bouche, la microbiomique et la santé des populations. Elle s’intéresse tout particulièrement à jeter des ponts entre la science, la formation et la pratique en vue d’améliorer les résultats en matière de santé partout au Canada. Qu’est-ce que l’ACRD, en gros? L’Association canadienne de recherches dentaires (ACRD) est une division de l’Association internationale pour la recherche dentaire, buccale et craniofaciale (IADR). Elle a pour mission de faire progresser et de promouvoir la recherche en santé buccodentaire, de favoriser la collaboration au sein de la communauté de recherche, et de faciliter l’application des découvertes scientifiques pour améliorer la santé buccodentaire et la santé globale au Canada et dans le monde. L’ACRD est une communauté dynamique de quelque 250 membres issus des dix facultés de médecine dentaire du pays. Elle soutient les chercheurs à toutes les étapes de leur carrière. L’ADC entretient des liens solides avec la communauté dentaire au pays et à l’étranger en assurant un dialogue continue avec la direction des divers groupes dentaires nationaux, y compris l’ACRD. En quoi l’ACRD contribue-t-elle à la profession dentaire et à la santé buccodentaire? L’ACRD joue un rôle unique en étant un pont entre la recherche et la pratique clinique. Même si bien des dentistes ne se voient pas comme étant des chercheurs, presque tout ce qui se passe dans un cabinet – des matériaux de restauration aux lignes directrices pour traiter les caries ou les maladies parodontales, en passant par notre façon de lier santé buccodentaire et santé globale – trouve racine dans la recherche que les membres de l’ACRD ont aidé à mener ou à défendre. Par l’entremise de partenariats avec des organismes tels que les Instituts de recherche en santé du Canada, le Réseau canadien de recherche en santé buccodentaire et l’ADC, l’ACRD contribue à définir la stratégie nationale de recherche en santé buccodentaire. Nous plaidons en faveur d’investissements dans la recherche et la formation, nous aidons la prochaine génération de chercheurs-cliniciens, et nous faisons briller les innovations canadiennes sur la scène mondiale. 14 | 2026 | Numéro 2

L’ACRD a joué un rôle clé dans la Stratégie nationale de recherche sur la santé buccodentaire (SNRSB), une collaboration appuyée par Santé Canada pour coordonner la recherche en santé buccodentaire au pays. Cette initiative réunit des universités, le secteur, des associations professionnelles et des communautés en vue de déterminer des priorités et de veiller à ce que la recherche porte sur de véritables besoins – qu’il s’agisse de l’accès aux soins en milieux ruraux, de la prévention des cancers de la bouche ou des liens entre la santé buccodentaire et les maladies chroniques, tels le diabète et la cardiopathie. Quels sont les projets de l’ACRD? L’avenir est prometteur et nous avons à faire! Au cours des prochaines années, l’ACRD continuera à étendre ses collaborations sur la scène nationale et internationale. Nous investirons beaucoup d’efforts pour mettre en œuvre la SNRSB et veiller à ce qu’elle ait une incidence concrète. Nous consentirons aussi plus d’efforts pour améliorer l’inclusivité et l’accessibilité de la recherche. Cela signifie donner plus d’espace à des voix diverses, soutenir la recherche buccodentaire menée par des entités autochtones et communautaires, et veiller à ce que les découvertes soient diffusées aux quatre coins du pays, et pas seulement dans les grands centres de recherche. L’ACRD explore aussi de nouvelles façons d’aller chercher directement les cliniciens, par le biais de webinaires, de séances de formation continue et de résumés de recherche simplifiés, de sorte que les dentistes puissent facilement se tenir au courant des dernières avancées scientifiques. En somme, l’ACRD cherche à créer des liens, des liens entre les idées, les disciplines et les personnes qui partagent une volonté d’améliorer la santé buccodentaire. Que vous soyez du monde de la recherche, de la pratique ou des deux, vous faites partie d’une communauté petite mais puissante, et ensemble, nous façonnons l’avenir de la médecine dentaire au Canada. En savoir plus sur l’ACRD sur : iadr.org/CADR Comment votre travail influence-t-il les dentistes partout au Canada? Même si vous n’avez jamais participé à une activité de l’ACRD, il est fort probable que les travaux de l’ACRD ont déjà un effet sur votre pratique. Le soutien apporté par l’ACRD à la communauté de recherche au pays renforce et enrichit les données scientifiques qui guident la prise de décision clinique, c’est-à-dire le « pourquoi » derrière vos actions. Nous organisons la réunion annuelle et exposition de l’AADOCR/ACRD et la session générale et exposition biennale de l’IADR/AADOCR/ACRD, qui réunit chercheurs, étudiants et cliniciens pour partager des découvertes et des applications pratiques. Ces rencontres donnent souvent naissance à des collaborations qui mènent directement à de nouveaux outils diagnostiques, des méthodes de traitement et des politiques sur les soins aux patients. L’ACRD s’investit aussi beaucoup pour soutenir les chercheurs en formation ou en début de carrière, soit les moteurs de la prochaine vague d’innovations. En cultivant ce vivier de talents, nous veillons à ce que les dentistes continuent d’avoir accès à des connaissances de pointe, à des conseils fondés sur des données probantes et à de nouvelles technologies qui améliorent les résultats pour les patients. Notre travail en arrière-scène améliore votre efficacité et vos résultats en salle de traitement et vous permet de travailler à partir de données probantes. Le soutien apporté par l’ACRD à la communauté de recherche au pays renforce et enrichit les données scientifiques qui guident la prise de décision clinique, c’est-à-dire le « pourquoi » derrière vos actions. 15 Numéro 2 | 2026 | L’observatoire

Une famille transforme l’anxiété dentaire en une mission L’anxiété vécue par une famille d’Ottawa à cause de la chirurgie dentaire de leur fillette a donné naissance à une entreprise familiale, qui est passée à la téléréalité Dragon’s Den. Quand Stacey Laviolette a amené sa fille Piper de 3 ans chez le dentiste, elle ne s’attendait à rien d’inhabituel. « J’aimais bien aller chez le dentiste quand j’étais enfant, raconte-t-elle. Je m’endormais complètement dans le fauteuil. Je suis arrivée toute contente pour elle. » Cette confiance s’est vite volatilisée. Piper avait de multiples caries – dix en tout – et avait besoin d’un traitement sous anesthésie générale. « Je suis revenue à la maison en pleurant, admet Stacey Laviolette. Je me sentais tellement coupable. En tant que mère, comment ai-je pu être aussi négligente? » « Je me suis dit bon, elle a des caries, on va simplement les faire traiter, raisonne tout d’abord son mari, Keith Lanctot. Mais quand Stacey m’a dit que Piper aurait besoin d’une chirurgie et que j’ai vu que Piper pleurait aussi, je me suis senti désemparé. » Le chirurgien-dentiste Nabil Achache d’Ottawa les a assurés qu’ils n’avaient pas failli à leurs responsabilités parentales. Des facteurs comme la composition de la salive ou l’anatomie des dents augmentent le risque de caries chez certains enfants. « Quand les parents entendent que leur enfant a besoin d’une chirurgie, beaucoup ont peur et pensent que le problème sera récurrent. Mais ce n’est pas le cas d’habitude, affirme le Dr Achache. Quand un traitement est bien fait et que les familles effectuent les changements recommandés, il y a souvent une seule intervention, qui constitue un tournant. Les habitudes s’améliorent, les facteurs de risque sont pris en compte et bien des enfants n’ont pas besoin de traitements majeurs par la suite. Notre objectif n’est pas d’y aller sans ménagement, mais plutôt d’intervenir une seule fois, avec détermination, pour que l’enfant n’ait pas à subir plusieurs traitements. » Quand les parents entendent que leur enfant a besoin d’une chirurgie, beaucoup ont peur et pensent que le problème sera récurrent. Mais ce n’est pas le cas d’habitude. Stacey Laviolette et Keith Lanctot sur le tournage de Dragon’s Den 16 | 2026 | Numéro 2

Stacey Laviolette avec la mascotte Mon ami Toothy. Malgré cela, le poids émotionnel se faisait sentir. Stacey Laviolette a souffert d’anxiété durant les semaines précédant la première intervention, et Piper a commencé à refuser les soins d’hygiène dentaire. « Elle ne voulait pas se brosser les dents. Elle ne voulait pas en parler », s’inquiétait la mère. « Bien des familles ne réalisent pas à quel point un traitement dentaire chez les jeunes enfants est exigeant sur le plan technique. On travaille avec des aiguilles, des instruments pointus et dans des espaces restreints, et si un enfant a de l’anxiété ou ne peut s’empêcher de bouger, le traitement peut devenir dangereux sans sédation, explique le Dr Achache. Même si les familles associent souvent l’anesthésie générale à des troubles médicaux graves, en médecine dentaire, c’est souvent le moyen le plus sûr de tout traiter d’un seul coup, tout en évitant que l’enfant ait mal, ait peur ou soit traumatisé. » à CBC où des personnes présentent leur projet d’affaires à un panel de riches investisseurs pour obtenir du financement. Le couple a déposé quatre demandes. «Chaque année, on a pris la rétroaction au sérieux, convient Keith Lanctot. On a continué d’améliorer les choses et d’aller de l’avant. » Quand l’émission les a finalement appelés, ils se sont lancés corps et âme dans la préparation de leur présentation d’affaires. « Nos enfants ont appris notre présentation avant nous, avoue Stacey Laviolette. Si on faisait une erreur, ils nous corrigeaient. » L’expérience en soi a été chaotique, émotionnelle et inoubliable. Stacey n’a pas suivi son texte. Elle a même surpris son mari en rejouant leur première rencontre, au sein de l’équipe de lutte de leur école, en direct sur scène. « De l’extérieur, je souriais, mais à l’intérieur j’étais en état de panique », confesse Keith Lanctot. Les juges du Dragon’s Den ont bien réagi à l’authenticité, à l’énergie et à l’histoire du couple. Même si ce dernier n’est pas reparti avec une entente au sens traditionnel, la juge de l’émission Arlene Dickinson leur a offert quelque chose d’aussi précieux : son mentorat. « Elle a dit : “Je veux vous aider à passer à la prochaine étape” », a répété Stacey Laviolette. À bien des égards, l’entreprise est déjà un succès. « Quand Piper est retournée chez le dentiste quelques années plus tard, elle n’avait aucune carie », se réjouit Keith Lanctot. Le jour de la chirurgie au cabinet ToothPark Pediatric Dentistry, Stacey Laviolette a remarqué qu’elle n’était pas seule. « J’ai vu d’autres mères pleurer dans le stationnement. Il y a tellement de honte associée à tout cela. » Se décrivant elle-même comme «une personne en mode solution», elle ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi il n’y avait pas plus de soutien pour aider les enfants à composer avec l’anxiété dentaire. « Il n’y avait aucun service complet – quelque chose pour aider les enfants à comprendre, à se préparer et à se sentir en sûreté. » Forte d’un bagage en pédopsychologie, elle a eu ce que son mari décrit comme une « étincelle ». Épuisée, mais pleine d’enthousiasme, elle a fait irruption dans la cuisine avec une vision. « On aurait dit qu’elle n’avait pas dormi depuis des jours, admet Keith Lanctot. Elle parlait de livres, d’un personnage – j’hésitais entre avoir peur ou être impressionné. » Stacey Laviolette s’est mise à écrire un livre pour enfants, Mon ami Toothy, afin d’aider les petits à se préparer à un traitement dentaire et à s’occuper tous les jours de leur hygiène dentaire. «Tout a commencé parce que je voulais aider mon enfant. Et puis je me suis rendu compte que si ça aidait ma petite, ça pouvait aider d’autres familles aussi. » Quatre ans plus tard, cette mission très personnelle a mené le couple à l’émission Dragon’s Den, téléréalité canadienne En tant que « personne en mode solution », elle ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi il n’y avait pas plus de soutien pour aider les enfants à composer avec l’anxiété dentaire. 17 Numéro 2 | 2026 | L’observatoire

L’ankyloglossie, ou la suture de la langue, est un diagnostic qui suscite de plus en plus d’intérêt en médecine dentaire pédiatrique et dans les médias. Mais au‑delà des grands titres, cette anomalie est complexe sur le plan clinique et a des conséquences concrètes sur l’alimentation du nourrisson, le développement du langage et l’hygiène buccodentaire. L’Académie canadienne de dentisterie pédiatrique (ACDP) a publié un Énoncé de position sur l’ankyloglossie et l’allaitement maternel en 2025 en collaboration avec des organismes de médecine pédiatrique. Le Dr Duy Dat Vu, dentiste pédiatrique et président de l’ACDP, aborde ce que les dentistes peuvent faire quand un patient présente une telle malformation. Frein de langue et allaitement : Voir autrement l’ankyloglossie en cabinet dentaire « L’ankyloglossie est plus communément connue sous le nom de “langue attachée”, explique le Dr Vu. Elle se produit lorsqu’une bande de tissu attache la langue au plancher buccal. Quand cette bande est anormalement courte, épaisse ou rigide, elle peut limiter les mouvements de la langue. » Elle peut aussi nuire à des fonctions essentielles, tel l’allaitement. Lorsque la langue d’un nourrisson ne peut pas bouger librement, elle ne peut pas remplir son rôle et l’efficacité de l’allaitement peut s’en trouver diminuée. Parfois, le nourrisson a de la difficulté à prendre le sein et l’allaitement peut devenir pénible pour la mère. Plus tard, l’ankyloglossie peut affecter le développement de la parole, la déglutition, l’hygiène buccodentaire et, dans de rares cas, la croissance et le développement de la mâchoire. «Il est important de la détecter rapidement et d’assurer un suivi pour que le développement de l’enfant se fasse bien, insiste le Dr Vu. C’est une question de prévention.» Complexité et collaboration L’énoncé de position de l’ACDP marque un tournant; il souligne que l’ankyloglossie n’est pas un diagnostic facile à poser et que son traitement ne repose pas sur une solution unique. « Ce n’est pas aussi simple que de croire qu’une langue attachée doit nécessairement être libérée, prévient le Dr Vu. Parfois, la meilleure solution consiste à ne pas intervenir. » Plus tard, l’ankyloglossie peut affecter le développement de la parole, la déglutition, l’hygiène buccodentaire et, dans de rares cas, la croissance et le développement de la mâchoire. Dr Duy Dat Vu est dentiste pédiatrique et président de l’Académie canadienne de dentisterie pédiatrique (ACDP). 18 | 2026 | Numéro 2

Cette anomalie peut être complexe et nécessiter une approche multidisciplinaire ou interdisciplinaire. « Il peut falloir consulter une série de professionnels de la santé pour arriver au bon diagnostic et élaborer le meilleur plan de traitement », précise le Dr Vu. L’énoncé de position de l’ACDP appelle à une collaboration entre les dentistes généralistes, les dentistes pédiatriques, les chirurgiens-dentistes, les pédiatres, les consultantes en allaitement et les infirmières. « On travaille en équipe pour trouver les raisons des difficultés d’allaitement et pour déterminer si l’ankyloglossie est en cause », indique-t-il. succomber à ces pressions. « Je rappelle toujours aux parents que nous avons déjà vu des enfants sans anomalie du frein de langue qui avaient quand même des troubles d’allaitement et des enfants avec un frein très court qui arrivaient très bien à parler. » La présence d’une limite physique ne signifie pas tout de suite qu’il y a un problème. « La fonction en premier. L’anatomie en second. C’est ça qu’il faut. » L’ACDP reconnaît que, malgré l’expérience clinique, il y a encore trop peu d’études à long terme sur les résultats de la frénectomie précoce. « Il faut davantage de recherche et de données. Comme pour tout en science et en médecine, il faut toujours se demander s’il s’agit vraiment du meilleur traitement ou s’il y aura une meilleure solution dans l’avenir. » D’ici là, il encourage les cliniciens à faire preuve d’humilité et à miser sur la collaboration. « Nous avons arrimé nos lignes directrices à celles de l’Académie américaine de dentisterie pédiatrique et d’autres groupes de médecine pédiatrique parce que, au bout du compte, nous visons tous le même objectif : aider les enfants à se développer et à s’épanouir. » Points à retenir pour les cabinets dentaires z Ne vous limitez pas seulement à l’anatomie. Une ankyloglossie visible ne signifie pas assurément des troubles fonctionnels. z Posez des questions aux parents sur les fonctions. Le bébé arrive-til à prendre le sein? L’enfant parle-t-il clairement? L’hygiène buccodentaire est-elle un problème? z N’hésitez pas à adresser le patient à d’autres professionnels. N’essayez pas de vous occuper seul d’un cas complexe. Entrez en contact avec une équipe multidisciplinaire. z Obtenez un consentement éclairé. Expliquez toujours clairement les avantages, les risques et les solutions de rechange. z Faites preuve d’impartialité. Remettez‑vous-en aux données et non pas aux tendances ou mentalités de l’heure. Lisez l’Énoncé de position sur l’ankyloglossie et l’allaitement maternel : bit.ly/4bVHKll Une première ligne, pas un dernier mot Il est important d’obtenir un diagnostic juste. Il ne s’agit pas seulement de la taille de la langue; il y a aussi des liens avec les difficultés d’allaitement, les troubles de la parole, la déglutition et l’hygiène buccodentaire. Toutes les fonctions peuvent être affectées. « Si vous voyez un enfant pour la première fois et que vous remarquez que son frein lingual est court, ne sautez pas aux conclusions. Parlez aux parents. Posez-leur des questions. Demandez-leur ce qui les préoccupe, s’ils ont remarqué des troubles d’alimentation ou de la parole », suggère le Dr Vu. Dans de tels cas, il faut souvent adresser le patient à une équipe multidisciplinaire, surtout en milieu urbain. « Si votre cabinet se trouve dans une région où vous pouvez orienter la famille vers une équipe de cliniciens, essayez de trouver un pédiatre, une conseillère en allaitement, une infirmière-conseil ou un spécialiste comme moi », conseille-t-il. Un aspect clé de l’énoncé de l’ACDP a trait à la prise de décisions partagée. « Il faut un consentement éclairé pour tout ce que nous faisons. Les parents ou les personnes qui s’occupent de l’enfant doivent être mis au courant des avantages, des risques et des solutions alternatives. Bien entendu, rien n’est sans risque, mais ils doivent évaluer si le traitement en vaut la peine. Tout dépendra des parents et du professionnel de la santé et de leur degré d’appréhension par rapport à l’intervention. » Le Dr Vu met aussi en garde contre les interventions pratiquées sans une évaluation complète. « Il faut s’assurer que les parents sont d’accord sur la façon, et sur la pertinence, de procéder. » L’avenir : Plus de recherche, de meilleurs protocoles Les cabinets de frénectomie au laser et les témoignages en ligne ont mené à une augmentation de la demande de libération du frein de langue. Mais le Dr Vu prie les cliniciens de ne pas Si vous voyez un enfant pour la première fois et que vous remarquez que son frein lingual est court, ne sautez pas aux conclusions. Parlez aux parents. Posez-leur des questions. Demandez-leur ce qui les préoccupe. Regardez l’entretien [en anglais] avec le Dr Vu sur CDA Oasis : bit.ly/4s46Ww8 19 Numéro 2 | 2026 | Point de mire

Les vaccins reposent sur l’une des caractéristiques les plus remarquables de la biologie : la mémoire immunologique. Exposez le système immunitaire à une version inoffensive ou à un fragment d’un agent pathogène et il apprendra. Lorsque le véritable agent pathogène apparaîtra plus tard, la réponse immunitaire sera alors rapide, forte et précise. «Les vaccins profitent de la capacité de mémoire du système immunitaire, précise le Dr Matthew Tunis, secrétaire général du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) du Canada. Vous préparez votre système pour que, dès qu’il sera exposé à un véritable agent pathogène, il soit prêt à répondre.» Cette préparation s’effectue grâce à un réseau coordonné de cellules et de signaux. Les lymphocytes B produisent des anticorps, c’est-à-dire des protéines qui circulent dans le sang et la lymphe et qui sont capables de neutraliser des virus et des toxines avant leur entrée dans les cellules. Les lymphocytes T assurent l’immunité «à médiation cellulaire»; elles contribuent à orchestrer les réponses immunitaires et à détruire directement les cellules infectées. Selon la maladie, les vaccins sont conçus pour induire la réponse immunitaire la plus appropriée. Pour le Dr Tunis, l’un des aspects les plus remarquables du système immunitaire est sa capacité de concevoir sa propre diversité. Les cellules immunitaires réorganisent des segments de leur propre ADN pour créer une gamme presque illimitée de récepteurs, chacun étant spécialisé dans la reconnaissance d’une La vaccination à l’œuvre Trois éminents scientifiques canadiens expliquent comment les vaccins préviennent les maladies, protègent le personnel de santé, et indiquent la voie vers un avenir en santé. menace possible. «C’est incroyable, s’émerveille-t-il. Vos cellules immunitaires coupent et recousent des parties de leur génome pour fabriquer des récepteurs tous légèrement différents, chacun étant “adhérent” à une protéine ou un antigène particulier.» La plupart de ces cellules ne croiseront jamais la cible pour laquelle elles ont été créées, mais c’est le prix à payer pour la flexibilité. Le résultat est un système immunitaire capable de réagir à presque tout ce qu’il pourrait rencontrer au cours d’une vie, une bibliothèque vivante de possibilités, prête à s’activer lorsqu’il y a concordance. «Différents agents pathogènes causent des maladies de différentes manières, déclare le Dr Tunis. Certains sont mieux combattus par des anticorps neutralisants qui “absorbent” l’envahisseur; pour d’autres, il faut une réponse vigoureuse des lymphocytes T. La conception des vaccins s’appuie sur la stratégie la plus susceptible de vaincre l’agent pathogène spécifique.» Les vaccins essaient de simuler l’action d’une infection naturelle, sans le risque de la maladie. Parfois, on utilise une version affaiblie du virus. 20 | 2026 | Numéro 2

Le Dr Scott Halperin, pédiatre infectiologue et directeur du Centre canadien de vaccinologie, l’explique ainsi : «Les vaccins essaient de simuler l’action d’une infection naturelle, sans le risque de la maladie. Parfois, on utilise une version affaiblie du virus, comme dans le cas de la rougeole. D’autres fois, on utilise seulement la partie problématique, la toxine ou la protéine de surface, et on entraîne le système immunitaire à la reconnaître.» Le vaccin contre la rougeole utilise un virus vivant atténué, qui peut déclencher des symptômes bénins et spontanément résolutifs chez un petit nombre de personnes vaccinées; le système immunitaire apprend suffisamment pour prévenir la maladie lorsque le virus sauvage apparaît. Par contre, le vaccin contre le tétanos contient une version neutralisée de la toxine. «Vous n’êtes pas immunisés contre la bactérie, précise le Dr Halperin. Vous êtes immunisés contre le poison qu’elle produit.» Pour le Dr Sadarangani, les travaux de recherche sur la vaccination sont nés d’une curiosité pour la lutte constante entre les humains et les microbes. «Les agents pathogènes évoluent beaucoup plus rapidement que nous, confie-t-il. Certaines bactéries peuvent se multiplier par deux toutes les 20 minutes. Elles sont continuellement en mutation.» Cette dynamique l’a attiré vers l’infectiologie, mais la prévention est ce qui a vraiment capté son imagination. «La prévention m’a toujours intéressé plus que le traitement, avoue-t-il. Prévenir la maladie a une incidence bien plus grande que la traiter après coup.» Pour lui, les vaccins représentent la forme la plus pure de cette idée : mettre la science à profit pour donner au système immunitaire un avantage dans un concours biologique sans fin. Bref historique : de la vaccine jusqu’au code Les racines intellectuelles de la vaccination trouvent leurs origines à la fin du XVIIIe siècle. «Le tout remonte à Edward Jenner et à la variole, explique le Dr Tunis. Et à une version moins pathogène d’un virus auquel le système immunitaire a été exposé afin qu’il soit prêt à affronter le virus réel.» Les premières technologies utilisaient souvent des organismes entiers qui étaient soit tués, soit affaiblis. Le portefeuille de vaccins s’est élargi au début et au milieu du XXe siècle avec des vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, puis dans les années 1960 et 1970, avec un vaccin contre la polio et un vaccin combiné contre la rougeole, la rubéole et les oreillons. «On est passés d’une poignée de vaccins à une douzaine», rappelle le Dr Halperin. Depuis, le développement a connu une croissance exponentielle. Les décennies de la fin du XXe siècle ont vu l’apparition de vaccins associés contre l’Haemophilus influenzae de type b et le Streptococcus pneumoniae; de nouvelles formulations ont progressivement élargi la couverture sérotypique et réduit la morbidité. L’éradication de la variole a marqué un jalon dans le domaine de la santé publique. La polio a été éliminée presque partout dans le monde, sa transmission demeurant endémique dans seulement deux pays, soit au Pakistan et en Afghanistan. La technologie s’est affinée. Plutôt que de s’appuyer principalement sur des approches utilisant des virus vivants atténués ou des cellules entières, de nombreux vaccins modernes utilisent des sous-unités protéiques purifiées, des polysaccharides (souvent conjugués à des protéines pour améliorer la réponse immunitaire), des particules pseudo-virales ou, plus récemment, des plateformes d’acides nucléiques qui commandent à nos propres cellules de fabriquer la protéine virale pertinente. «Lorsqu’on cible davantage des composants spécifiques, il faut parfois ajouter des adjuvants pour amplifier le signal», confie le Dr Tunis. L’objectif consiste à présenter au système immunitaire la bonne cible, à la bonne dose, avec la bonne stimulation, afin de maximiser la protection et de minimiser les risques. La rapidité et l’évolutivité des plateformes ARNm pendant la pandémie de COVID-19 ont marqué un tournant décisif. Les attentes avant ces essais, qui s’établissaient entre 50 et 70 % d’efficacité, ont été éclipsées par les résultats initiaux montrant une efficacité d’environ 95 % contre la maladie symptomatique pour les souches originales. «La technologie et la compréhension du fonctionnement des agents pathogènes ont accéléré le rythme Avec le vieillissement, la réponse immunitaire peut décliner, un phénomène baptisé l’immunosénescence, ce qui fait que les formulations vaccinales destinées aux personnes âgées peuvent contenir des doses supérieures d’antigènes ou des adjuvants. La durée de la mémoire immunologique varie. Avec la rougeole, l’immunité «perdure et est très forte», assure le Dr Tunis, surtout après une série de deux doses. Mais d’autres relations agents pathogènes-hôtes sont moins stables. Avec le vieillissement, la réponse immunitaire peut décliner, un phénomène baptisé l’immunosénescence, ce qui fait que les formulations vaccinales destinées aux personnes âgées peuvent contenir des doses supérieures d’antigènes ou des adjuvants, soit des ingrédients qui renforcent l’activation immunitaire. Les agents pathogènes peuvent aussi changer. La grippe réorganise son matériel génétique chaque année; le SARS-CoV-2 a évolué rapidement depuis 2020. Il existe de multiples sérotypes de certaines bactéries en essor ou en déclin au sein de la population, ce qui entraîne des mises à jour périodiques de la composition des vaccins. Mais la baisse des niveaux d’anticorps chez une personne ne signifie pas toujours que son immunité est affaiblie. «Le système immunitaire doit maintenir l’homéostasie, rappelle le Dr Tunis. Après un pic, les anticorps déclinent naturellement, mais les lymphocytes mémoires B et T demeurent. Lors d’une nouvelle exposition, en raison d’un rappel ou de l’environnement, le système revient rapidement à une production élevée.» Le Dr Manish Sadarangani, pédiatre infectiologue et directeur du Centre d’évaluation des vaccins de l’Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, fait observer que les vaccins ont pour objectif ultime la prévention, ce qui correspond à la philosophie générale de la médecine dentaire. «Les vaccins formidables ne sont formidables qu’une fois qu’ils sont administrés», signale-til. La science prépare le système immunitaire; le programme de vaccination assure la protection. 21 Numéro 2 | 2026 | Point de mire

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