Volume 13 • 2026 • Numéro 2

Et ensuite? Les perspectives vaccinales sont plus diversifiées que jamais, grâce aux progrès réalisés dans les domaines de l’immunologie, de la biologie moléculaire et de la surveillance riche en données. Certaines des avancées les plus tangibles à court terme sont liées aux maladies respiratoires. «Chaque hiver, le VRS est une grande menace pour les enfants et les personnes âgées, se désole le Dr Sadarangani. Le Canada a maintenant des programmes qui utilisent la vaccination pendant la grossesse pour protéger les nourrissons, ainsi que des anticorps monoclonaux pour les nouveau-nés. Il devrait y avoir une diminution des cas de VRS dans les années à venir.» L’immunisation maternelle est un domaine en pleine expansion. Le streptocoque du groupe B, principale cause de septicémie et de méningite néonatales, fait actuellement l’objet d’essais cliniques de phase III à grande échelle en tant que vaccin administré pendant la grossesse pour protéger les bébés au cours des premières semaines de vie. Les priorités mondiales en santé demeurent centrales. Le Dr Halperin signale les efforts soutenus contre la méningococcie, qui misent désormais sur des vaccins quadrivalents et l’utilisation croissante de produits du sérogroupe B chez les adolescents, ainsi que certains programmes destinés aux nourrissons. Le virus Zika a donné une impulsion au développement d’un vaccin lors de l’épidémie qui a touché les Amériques. Les vaccins contre le paludisme ont commencé à être déployés, et d’autres candidats sont en cours de développement. «Le vaccin contre le paludisme est efficace, mais pas complètement, fait observer le Dr Halperin. Même une efficacité de 40 à 50 % peut prévenir un grand nombre de cas graves et de décès dans les régions fortement touchées. On aimerait encore améliorer l’efficacité, mais elle est déjà significative. » Le domaine se prépare aussi à la prochaine pandémie. La grippe aviaire se transmet maintenant aux bovins et a causé de rares cas d’infection chez l’humain. «Il faudrait peu de mutations pour arriver à une transmission efficace chez l’humain, s’inquiète le Dr Halperin. On observe toujours les infections susceptibles de provoquer une pandémie et on essaie de les prédire et de développer des vaccins à l’avance.» Entre-temps, les problèmes les plus difficiles continuent d’exiger de nouvelles idées. « Il y a des vaccins sur lesquels on travaille depuis des décennies sans succès», admet le Dr Halperin en donnant comme exemple l’extraordinaire capacité du VIH à échapper à la reconnaissance immunitaire. Dans ces cas, la diversité des plateformes constitue un atout stratégique. Les technologies basées sur l’ARNm et d’autres acides nucléiques permettent de raccourcir les cycles de conception, d’effectuer des mises à jour rapides pour s’adapter à l’évolution des souches et de présenter des antigènes Image : Agence de la santé publique du Canada 24 | 2026 | Numéro 2 Point de mire

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