Cette anomalie peut être complexe et nécessiter une approche multidisciplinaire ou interdisciplinaire. « Il peut falloir consulter une série de professionnels de la santé pour arriver au bon diagnostic et élaborer le meilleur plan de traitement », précise le Dr Vu. L’énoncé de position de l’ACDP appelle à une collaboration entre les dentistes généralistes, les dentistes pédiatriques, les chirurgiens-dentistes, les pédiatres, les consultantes en allaitement et les infirmières. « On travaille en équipe pour trouver les raisons des difficultés d’allaitement et pour déterminer si l’ankyloglossie est en cause », indique-t-il. succomber à ces pressions. « Je rappelle toujours aux parents que nous avons déjà vu des enfants sans anomalie du frein de langue qui avaient quand même des troubles d’allaitement et des enfants avec un frein très court qui arrivaient très bien à parler. » La présence d’une limite physique ne signifie pas tout de suite qu’il y a un problème. « La fonction en premier. L’anatomie en second. C’est ça qu’il faut. » L’ACDP reconnaît que, malgré l’expérience clinique, il y a encore trop peu d’études à long terme sur les résultats de la frénectomie précoce. « Il faut davantage de recherche et de données. Comme pour tout en science et en médecine, il faut toujours se demander s’il s’agit vraiment du meilleur traitement ou s’il y aura une meilleure solution dans l’avenir. » D’ici là, il encourage les cliniciens à faire preuve d’humilité et à miser sur la collaboration. « Nous avons arrimé nos lignes directrices à celles de l’Académie américaine de dentisterie pédiatrique et d’autres groupes de médecine pédiatrique parce que, au bout du compte, nous visons tous le même objectif : aider les enfants à se développer et à s’épanouir. » Points à retenir pour les cabinets dentaires z Ne vous limitez pas seulement à l’anatomie. Une ankyloglossie visible ne signifie pas assurément des troubles fonctionnels. z Posez des questions aux parents sur les fonctions. Le bébé arrive-til à prendre le sein? L’enfant parle-t-il clairement? L’hygiène buccodentaire est-elle un problème? z N’hésitez pas à adresser le patient à d’autres professionnels. N’essayez pas de vous occuper seul d’un cas complexe. Entrez en contact avec une équipe multidisciplinaire. z Obtenez un consentement éclairé. Expliquez toujours clairement les avantages, les risques et les solutions de rechange. z Faites preuve d’impartialité. Remettez‑vous-en aux données et non pas aux tendances ou mentalités de l’heure. Lisez l’Énoncé de position sur l’ankyloglossie et l’allaitement maternel : bit.ly/4bVHKll Une première ligne, pas un dernier mot Il est important d’obtenir un diagnostic juste. Il ne s’agit pas seulement de la taille de la langue; il y a aussi des liens avec les difficultés d’allaitement, les troubles de la parole, la déglutition et l’hygiène buccodentaire. Toutes les fonctions peuvent être affectées. « Si vous voyez un enfant pour la première fois et que vous remarquez que son frein lingual est court, ne sautez pas aux conclusions. Parlez aux parents. Posez-leur des questions. Demandez-leur ce qui les préoccupe, s’ils ont remarqué des troubles d’alimentation ou de la parole », suggère le Dr Vu. Dans de tels cas, il faut souvent adresser le patient à une équipe multidisciplinaire, surtout en milieu urbain. « Si votre cabinet se trouve dans une région où vous pouvez orienter la famille vers une équipe de cliniciens, essayez de trouver un pédiatre, une conseillère en allaitement, une infirmière-conseil ou un spécialiste comme moi », conseille-t-il. Un aspect clé de l’énoncé de l’ACDP a trait à la prise de décisions partagée. « Il faut un consentement éclairé pour tout ce que nous faisons. Les parents ou les personnes qui s’occupent de l’enfant doivent être mis au courant des avantages, des risques et des solutions alternatives. Bien entendu, rien n’est sans risque, mais ils doivent évaluer si le traitement en vaut la peine. Tout dépendra des parents et du professionnel de la santé et de leur degré d’appréhension par rapport à l’intervention. » Le Dr Vu met aussi en garde contre les interventions pratiquées sans une évaluation complète. « Il faut s’assurer que les parents sont d’accord sur la façon, et sur la pertinence, de procéder. » L’avenir : Plus de recherche, de meilleurs protocoles Les cabinets de frénectomie au laser et les témoignages en ligne ont mené à une augmentation de la demande de libération du frein de langue. Mais le Dr Vu prie les cliniciens de ne pas Si vous voyez un enfant pour la première fois et que vous remarquez que son frein lingual est court, ne sautez pas aux conclusions. Parlez aux parents. Posez-leur des questions. Demandez-leur ce qui les préoccupe. Regardez l’entretien [en anglais] avec le Dr Vu sur CDA Oasis : bit.ly/4s46Ww8 19 Numéro 2 | 2026 | Point de mire
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