Volume 13 • 2026 • Numéro 2

du développement, déclare le Dr Halperin. On peut échanger les antigènes plus rapidement et cibler un plus large éventail d’agents pathogènes.» Un autre changement historique a été programmatique. Les premiers programmes «universels» s’attaquaient aux agents pathogènes qui touchent tout le monde. Aujourd’hui, vu que ces victoires tiennent bon, la recherche et les politiques s’attaquent aussi aux maladies concentrées dans des sous-populations. «On voit une évolution vers les vaccins pour les groupes soumis à des risques particuliers, y compris les aînés, les nourrissons, le personnel de santé ou des communautés précises qui sont durement touchées lors d’éclosions», constate le Dr Tunis. Il en résulte des innovations plus ciblées : une vaccination contre le VRS pendant la grossesse, des programmes d’anticorps monoclonaux pour les nourrissons, et des indications stratifiées selon l’âge pour les personnes âgées. Recherche sur les vaccins Le développement d’un vaccin est un travail de collaboration entre différentes disciplines et différents secteurs. Le Dr Sadarangani décrit un cycle de vie qui commence bien avant que le public en soit conscient. «Beaucoup de temps est consacré au développement d’un vaccin avant que quiconque en entende parler», assure‑t‑il. Les travaux précliniques en laboratoire et sur des modèles murins permettent d’identifier des antigènes candidats, d’affiner les formulations et d’étudier les stratégies de dosage. Les études épidémiologiques définissent la charge de morbidité et les populations les plus susceptibles de bénéficier du vaccin. Si un vaccin candidat semble prometteur, il passe à l’étape des tests sur des humains. Les essais de phase I, généralement menés chez des dizaines d’adultes en santé, évaluent la tolérance et la réponse immunitaire initiale. Les essais de phase II, menés auprès de centaines de personnes, approfondissent l’évaluation de la tolérance et de l’immunogénicité. Les essais de phase III, menés auprès de milliers ou de dizaines de milliers de personnes, servent à confirmer l’efficacité contre la maladie, souvent dans un cadre randomisé et contrôlé par placebo. «Les essais de phase II et III sont toute une entreprise», soutient le Dr Sadarangani. Les réseaux universitaires peuvent mener et de fait mènent des essais de phase précoce, parfois grâce à des fonds publics versés par des organismes tels que les Instituts de recherche en santé du Canada ou de petits partenaires en biotechnologie. Or, à mesure que les coûts et l’ampleur augmentent, les grands fabricants entrent généralement en scène pour produire des vaccins en plus grande quantité et mener les essais les plus grands. Même dans ce cas, les efforts scientifiques n’en sont qu’à mi-chemin. «Une fois mise en branle, la recherche s’accélère», confirme le Dr Sadarangani. Les études d’efficacité post-autorisation évaluent la performance des vaccins dans le monde réel, à mesure que la Image : Agence de la santé publique du Canada 22 | 2026 | Numéro 2 Point de mire

RkJQdWJsaXNoZXIy OTE5MTI=