complexes difficiles à fabriquer sous forme de protéines. «Notre panoplie de technologies s’est élargie, confirme-t-il. Cela nous permet de cibler un plus large éventail d’agents pathogènes et d’offrir des options aux personnes qui ne réagiraient pas bien à un type de vaccin quelconque.» Le développement de vaccins est de plus en plus lié au défi de la résistance antimicrobienne, pour freiner les infections avant même qu’elles ne nécessitent des antibiotiques. Les vaccins peuvent limiter les infections causées par les souches les plus résistantes aux médicaments et réduire l’utilisation globale d’antibiotiques, deux moyens d’atténuer la pression de sélection microbienne. «Pour le pneumocoque, cibler les sérotypes plus enclins à la résistance peut modifier la dynamique des populations», selon le Dr Halperin. Le Dr Sadarangani ajoute que les efforts de départ ciblent des agents pathogènes tels que ceux du genre Klebsiella pneumoniae, cause fréquente de septicémie néonatale et d’infections urinaires chez l’adulte, qui sont de plus en plus difficiles à traiter. «Les vaccins qui réduisent l’antibiorésistance viendront plus tard, mais ils font partie de la solution », assure-t-il. Enfin, l’équité et l’abordabilité détermineront la trajectoire à suivre. À mesure que les programmes se concentrent sur des groupes à risque plus ciblés et qu’ils intègrent de nouvelles technologies et de nouveaux adjuvants, les coûts peuvent augmenter. «Les prix sont à la hausse, déplore le Dr Tunis. Cela représente un défi pour les personnes qui souhaitent se faire vacciner au privé et pour les programmes qui cherchent à atteindre les personnes les plus à risque.» Les stratèges politiques devront trouver un équilibre entre innovation et accessibilité, en veillant à ce que les populations les plus susceptibles de bénéficier d’un vaccin puissent l’obtenir sans obstacle financier. Pour expliquer sa motivation à garder sa vaccination à jour, le Dr Sadarangani avance deux raisons : «Il y a le côté pratique : en étant vacciné, je réduis le risque d’attraper une maladie transmissible puis de la transmettre à mes patients qui pourraient être vulnérables. Et il y a l’exemple à donner. Quand je me présente à la clinique de vaccination du personnel, que je me fais vacciner et qu’ensuite je porte le petit collant qui dit “Je suis vacciné”, j’envoie un message. Je montre qu’il est sûr de se faire vacciner, que c’est important de le faire et que cela fait partie de ce qu’on fait pour prendre soin les uns des autres.» Dr Manish Sadarangani est médecin spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques et directeur du Centre d’évaluation des vaccins du BC Children’s Hospital. Dr Scott Halperin est professeur de pédiatrie, de microbiologie et d’immunologie à l’Université Dalhousie et directeur du Centre canadien de vaccinologie. Dr Matthew Tunis est professeur adjoint à l’École d’épidémiologie et de santé publique de l’Université d’Ottawa et secrétaire général du Comité consultatif national de l’immunisation. Pour tout savoir sur le calendrier de vaccination contre différentes maladies, reportez-vous au Guide canadien d’immunisation. Il s’agit d’une ressource de première ligne pour le personnel de santé qui a été publiée par l’Agence de la santé publique du Canada et qui se fonde sur les conseils du CCNI et d’autres sources. • Voir : bit.ly/41FI7vy Le Guide comporte également une section particulière sur l’immunisation pour le personnel de santé : • Voir : bit.ly/4dRuvEP Les opinions exprimées ici sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement les opinions ni les politiques officielles de l’ADC. 25 Numéro 2 | 2026 | Point de mire
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