surveillance de la tolérance s’étend à des millions de personnes vaccinées et que les études d’optimisation des programmes affinent les calendriers de vaccination. Le vaccin contre le VPH en est un exemple. «On a commencé par trois doses parce qu’on croyait qu’elles étaient nécessaires, affirme le Dr Sadarangani. Les essais ont montré que deux doses fonctionnaient tout aussi bien; de nouvelles données indiquent qu’une seule dose semble avoir une efficacité aussi bonne. Ce changement améliore l’accès et le caractère abordable du vaccin, sans compromettre la protection.» Le centre du Dr Halperin à Halifax est conçu pour servir de trait d’union entre le laboratoire, la clinique et les communautés. «Nous apportons une perspective interdisciplinaire», précise-t-il pour décrire un réseau qui comprend des spécialistes de la recherche fondamentale, de la recherche clinique, de l’épidémiologie, de la statistique, des soins infirmiers, de la sociologie, de l’anthropologie, de la psychologie, du droit de la santé, de la bioéthique, de l’économie de la santé et de la santé publique. «Notre groupe d’évaluation mène des essais cliniques et de la recherche sur le fardeau de la maladie, poursuit-il. Notre groupe chargé des programmes, des politiques et de la mise en œuvre examine l’utilisation faite des vaccins dans la pratique, la perception du public, les hésitations et l’évaluation des programmes.» Du côté politique, le Dr Tunis et le CCNI servent de passerelle entre les données et leur mise en application. «Nous sommes l’interface entre le groupe d’experts et l’Agence de la santé publique du Canada», confie-t-il. Les recommandations du CCNI, publiées dans le Guide canadien d’immunisation, et les déclarations publiques orientent les programmes provinciaux et territoriaux, qui adaptent ensuite les calendriers de vaccination aux ressources et aux besoins locaux. Le fil conducteur de ce processus est l’intégration. Les connaissances acquises en laboratoire éclairent la conception clinique, les résultats cliniques alimentent les politiques, les politiques favorisent une administration équitable, et les données réelles reviennent améliorer le produit et le programme. «Il faut un village, philosophe le Dr Sadarangani. De bons vaccins qui restent sur une tablette ne sont pas tellement bons.» Personnel de santé et vaccins Le personnel de santé a un profil de risque différent de celui du grand public. Il s’occupe de gens dans les moments où ils sont les plus vulnérables, souvent même avant qu’ils aient reçu un diagnostic clair. «Nous pouvons infecter nos patients, et nos patients peuvent nous infecter, rappelle le Dr Halperin. Certaines infections sont bénignes; d’autres peuvent être sévères. L’hépatite B en est un exemple flagrant, qui peut potentiellement entraîner un cancer du foie à terme. Auparavant, on ne ciblait que les professions à haut risque, mais des infections continuaient de se produire. Aujourd’hui, on recommande que tous les professionnels de santé soient protégés.» La raison est double. L’immunisation aide à protéger le travailleur au cours des soins de routine, lorsqu’une personne pourrait être présymptomatique ou continuer d’excréter le virus. Et elle protège aussi les patients. Le Dr Halperin garantit qu’il est bon, pour toute personne autant que pour sa communauté, de Les perspectives vaccinales sont plus diversifiées que jamais, grâce aux progrès réalisés dans les domaines de l’immunologie, de la biologie moléculaire et de la surveillance riche en données. Certaines des avancées les plus tangibles à court terme sont liées aux maladies respiratoires. maintenir sa vaccination à jour. Il précise que certaines personnes ne répondent tout simplement pas aux vaccins en raison d’une immunodéficience génétique, de maladies comme le cancer ou de traitements immunosuppresseurs. «Même si on les vaccine, leur réponse pourrait être inadéquate. Mais il est possible de créer un environnement protecteur autour de ces personnes si leur entourage est immunisé.» Le vieillissement naturel lui-même, poursuit-il, affaiblit l’immunité, de sorte qu’une part croissante (et vieillissante) de la population canadienne est vulnérable. Pour le Dr Halperin, la vaccination s’inscrit dans un contrat social : se protéger les uns les autres grâce à l’immunité collective. «Vous n’avez peut-être pas besoin de cette protection aujourd’hui, convient-il, mais un jour, vous ou votre famille pourriez en avoir besoin. Tenir sa vaccination à jour est une obligation envers soi-même et envers son entourage.» Le Dr Tunis ajoute que l’immunisation n’est qu’un élément d’une stratégie globale de prévention des infections : «La vaccination fait partie d’une série d’éléments qui, avec l’équipement de protection personnel et d’autres mesures de prévention des infections, créent l’environnement idéal pour protéger le personnel de santé et les populations dont il prend soin.» Le Guide canadien d’immunisation présente des recommandations spécifiques à l’intention du personnel de santé; elles tiennent compte à la fois du risque d’exposition professionnelle et de la nécessité de prévenir la transmission dans les milieux cliniques. «Les gens entretiennent une relation de confiance avec leur dentiste. On sait que la plupart voient le même dentiste pendant des décennies, confie le Dr Sadarangani. On a constaté à maintes reprises qu’une recommandation émise par un professionnel de la santé inspire la plus grande confiance. Même si les dentistes n’administrent pas eux-mêmes de vaccins, en sachant où orienter les patients et en étant disposés à aborder le sujet, ils peuvent peser dans la balance.» Dans certaines régions, les dentistes jouent déjà un rôle plus direct. L’Alberta permet aux dentistes d’administrer le vaccin contre le VPH, étant donné le lien de ce virus avec les cancers oropharyngés. Pour les cliniciens qui hésitent à aborder le sujet de la vaccination, le Dr Sadarangani offre un coup de pouce pratique : «Armez-vous à l’avance de quelques connaissances. Le simple fait d’adresser la personne à un professionnel local peut être utile. Il s’agit de tirer le meilleur parti de cette rencontre de confiance.» 23 Numéro 2 | 2026 | Point de mire
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