produits de vapotage et ne sont pas soumis à une évaluation de l’innocuité préalable à la mise en marché, comme doivent l’être les produits pharmaceutiques. Le chevauchement des marques avec les substituts nicotiniques (ex. Velo, Rogue) risque de semer davantage la confusion chez les patients. Les études de dépistage suggèrent un profil de risque plus complexe que ne le donne à penser le conditionnement. Une analyse de 48 produits a relevé 186 composants chimiques distincts (17 par sachet en moyenne)1. Des nitrosamines spécifiques au tabac ont été détectées dans plusieurs échantillons, et certains produits contiennent du formaldéhyde à des concentrations comparables à celles du tabac sans fumée traditionnel. Ces composants ne figurent pas sur les étiquettes des produits. L’une des principales préoccupations cliniques a trait au fait que les maladies parodontales peuvent se trouver à être masquées. La nicotine est un vasoconstricteur qui atténue le saignement au sondage, un marqueur essentiel de l’inflammation gingivale. Les méthodes de dépistage classiques pourraient ainsi ne pas relever une parodontite active. Parmi les autres éléments à prendre en compte figurent un changement du débit salivaire, une xérostomie causée par les agents aromatisants et le risque cancérigène potentiel à long terme associé à certains composés identifiés. Des études récentes sur les produits nicotiniques sans fumée mentionnent aussi une irritation localisée de la muqueuse buccale, des modifications kératosiques et des modifications épithéliales réversibles aux zones de contact direct. L’absence de données à long terme reflète le stade précoce des connaissances sur cette catégorie de produits et ne doit pas être interprétée comme un bon signe. Sevrage tabagique : Discussion + action Des patients pourraient demander si les sachets de nicotine peuvent servir au sevrage tabagique. Ils ne sont pas autorisés à cette fin au Canada. Il n’y a aucun essai contrôlé randomisé soutenant leur utilité à cette fin, et leur double usage (consommation de tabac en concomitance avec l’utilisation de sachets) annule tout bénéfice potentiel en matière de réduction des risques. Pour les patients qui ne peuvent pas ou ne veulent pas arrêter complètement la nicotine, remplacer entièrement la cigarette par des sachets de nicotine peut constituer une option moins nocive que de continuer à fumer. Les cigarettes libèrent plus de 7000 substances chimiques, dont au moins 69 cancérigènes connus. Les sachets de nicotine en libèrent moins. Le reconnaître n’équivaut pas à recommander ces produits, mais cela reflète une approche pragmatique et centrée sur le patient. Si des patients réussissent à arrêter de fumer grâce aux sachets, il convient de les soutenir tout en mettant en place un plan visant à l’arrêt complet du tabagisme. Les solutions fondées sur des données probantes restent la norme en matière de soins. Au Canada, les dentistes sont habilités à prescrire des médicaments et peuvent mettre directement en place un traitement. La varénicline bénéficie Qui utilisent ces sachets? Des données sur la prévalence au Canada commencent à sortir, mais les données aux États-Unis2 montrent une grande réceptivité et une forte notoriété : La réceptivité connaît une croissance rapide chez les 18 à 34 ans. Les produits parfumés (ex. menthe, citron, baies) sont largement commercialisés en ligne. La principale préoccupation ne réside pas dans la réduction des risques, mais dans le danger que des patients n’ayant jamais consommé de tabac auparavant développent une dépendance à la nicotine. Signes à déceler chez le patient Il y a peu de données indépendantes sur le long terme, mais les premières constatations cliniques font état d’une récession gingivale et de modifications localisées de la muqueuse à la zone d’emplacement (blanchiment, lésions de type leucoplasie). Ces manifestations peuvent passer inaperçues en l’absence d’un examen ciblé. Les études de dépistage suggèrent un profil de risque plus complexe que ne le donne à penser le conditionnement. Une analyse de 48 produits a relevé 186 composants chimiques distincts (17 par sachet en moyenne). À noter Les sachets de nicotine sont présentés comme un moyen «moderne et sans fumée de profiter de la nicotine». L’accent est mis sur l’utilisation et non sur le sevrage, et aucune donnée ne montre leur rôle comme aide au sevrage. 27 Numéro 3 | 2026 | Point de mire
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