Volume 13 • 2026 • Numéro 3

d’une couverture, mais se heurter à un choix limité de fournisseurs de soins. Une personne ayant une faible maîtrise de l’information en santé ou du français peut ne pas savoir comment souscrire au régime, renouveler sa couverture ou même en profiter. Dans chacun de ces exemples, il y a une couverture, mais l’accès continue de faire défaut. La véritable mesure du succès du RCSD n’est donc pas qu’une affaire de nombre d’inscriptions. Il s’agit davantage de voir si le programme réussit à lever les obstacles de longue date pour les personnes qui auparavant n’arrivaient pas à bénéficier de soins. Cet exercice revêt une importance toute particulière pour les personnes âgées et les autres groupes vulnérables. Pour des aînés en bonne santé et autonomes, le RCSD pourrait ouvrir la voie à des soins longtemps reportés. Mais pour les personnes âgées fragiles, celles en centre de soins de longue durée ou celles aux prises avec des troubles de mobilité, des troubles cognitifs ou des troubles d’ordre médical, la réalité est plus complexe. Même un programme bien conçu peut nécessiter des ajustements continus pour mieux atteindre les personnes ayant les besoins buccodentaires les plus importants. La même prudence s’impose de manière plus générale. Pour que le RCSD porte des fruits, il doit fonctionner non seulement pour les personnes les plus faciles à atteindre, mais aussi pour celles confrontées à des obstacles multiples et cumulés, comme les familles à faible revenu, les habitants des régions rurales, les personnes handicapées, les nouveaux arrivants et les personnes âgées, dont les besoins en santé buccodentaire sont souvent liés à une vulnérabilité médicale et sociale plus générale. Comment mesurer le succès du RCSD? Il faut aussi s’attarder davantage à la mise en œuvre du RCSD. Dans sa forme actuelle, ce programme est essentiellement une prestation dentaire indépendante, qui fait l’objet d’une certaine coordination avec les programmes sociaux de quelques provinces. Mais même un programme public solide dépend de la manière dont il est compris et soutenu sur le terrain. Les patients ont besoin d’informations claires. Les fournisseurs de soins doivent avoir confiance dans le fonctionnement du programme. Les processus administratifs doivent être gérables. Si de l’incertitude persiste, même une politique bien intentionnée peut s’essouffler là où cela compte le plus : dans les cabinets dentaires, les cliniques communautaires, les facultés de médecine dentaire ou les centres de soins de longue durée. Les programmes publics ont le plus d’effet lorsque les patients peuvent s’en prévaloir facilement et que les fournisseurs de soins s’y retrouvent efficacement. À mesure que le RCSD se fixe, il sera de plus en plus important de prendre en compte non seulement les données sur la participation, mais aussi des indicateurs d’accès significatifs. Les patients bénéficient-ils de soins préventifs plus tôt ou se font-ils soigner seulement une fois que la maladie est à un stade avancé? Les personnes les plus touchées par des maladies non traitées bénéficient-elles réellement de soins? Les patients parviennent-ils à bénéficier d’une prise en charge continue ou reçoivent-ils seulement des traitements ponctuels? Les personnes âgées fragiles, celles en région rurale et les autres personnes confrontées à des obstacles structurels bénéficient-elles des mêmes avantages que les autres personnes inscrites au programme qui sont en meilleure santé et plus mobiles? L’accès à des soins s’améliore-t-il de manière égale dans toutes les communautés? Ces questions vont au-delà du nombre de demandes d’inscription et du nombre total de participants, et elles seront essentielles pour comprendre l’incidence à long terme du régime. À mesure que le programme évolue, il faudra adapter la manière de mesurer et de concevoir son succès. Heureusement, le Canada est enfin en mesure de poser ces questions. La politique dentaire publique n’est plus simplement théorique. Le RCSD a placé la santé buccodentaire au cœur des débats nationaux sur l’accès aux soins, la prévention, le vieillissement et l’équité. Cela constitue en soi une avancée majeure en plus de créer une dynamique, de sensibiliser le public et d’ouvrir la voie à la mise en place d’un système de soins buccodentaires inclusif. Ce sont là les véritables critères de réussite. La véritable mesure du succès du RCSD n’est donc pas qu’une affaire de nombre d’inscriptions. Il s’agit davantage de voir si le programme réussit à lever les obstacles de longue date pour les personnes qui auparavant n’arrivaient pas à bénéficier de soins. Nous sommes toujours ravis de recevoir des messages de nos lecteurs — les dentistes du Canada. Cet article a été proposé à L’essentiel de l’ADC. N’hésitez pas à nous envoyer vos articles, éditoriaux, commentaires ou chroniques d’opinion; nous examinerons votre proposition en vue d’une éventuelle publication. Courriel : publications@cda-adc.ca Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions et les politiques officielles de l’ADC. 24 | 2026 | Numéro 3 Point de mire

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