Volume 13 • 2026 • Numéro 3

Le cycle de l’ECMS de 2022-2024 a notamment défini des données de base pour les enfants de 1 à 5 ans, dont 17 % montrent déjà des signes de carie. Malgré les avancées en matière de prévention et de traitement, la carie reste quasi omniprésente à l’âge adulte et très répandue chez les enfants. Pour la première fois, l’indice PUFA est inclus dans l’ECMS. Il s’agit d’un outil clinique pour mesurer les complications résultant de caries dentaires non traitées. Les résultats sont frappants : 7 % des enfants et des adolescents montrent des signes de carie non traitée à un stade avancé, tandis que 22 % des adultes étaient touchés. Nouvelle étude : La perte de dents associée au risque d’hospitalisation Une récente étude de cohorte1 s’appuyant sur les données de l’ECMS apporte un nouvel éclairage sur le lien entre la santé buccodentaire et la santé globale au Canada.En croisant les données cliniques sur la santé buccodentaire du cycle1 de l’ECMS (2007-2009) avec les registres nationaux de mortalité et d’hospitalisation, les chercheurs ont suivi les participants pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans afin de déterminer si la perte de dents était associée à des problèmes de santé. L’étude a montré que la perte des dents était associée de manière significative à un risque accru d’hospitalisation.Après avoir pris en compte des facteurs clés tels que l’âge, le sexe, le tabagisme et le diabète, l’analyse montre que les personnes à qui il manque cinq dents ou plus présentent un risque d’hospitalisation accru de 76 % toutes causes confondues et un risque plus de deux fois supérieur d’hospitalisation pour des troubles circulatoires. L’étude a aussi observé des liens avec les hospitalisations pour troubles respiratoires. En revanche,même si l’absence de dents semblait être associée à une mortalité plus élevée dans les analyses non ajustées, ces associations n’étaient plus statistiquement significatives une fois que les données prenaient en compte des facteurs socioéconomiques et liés à la santé. Cela suggère que la perte de dents serait moins un facteur de risque indépendant de mortalité qu’un indicateur de conditions sanitaires et sociales sous-jacentes plus générales. De manière importante,cette étude met en évidence le fait que la perte de dents constitue un indicateur cumulatif de maladies buccodentaires tout au long de la vie, reflétant souvent les effets des caries dentaires et des maladies parodontales.Ces résultats viennent étayer le bassin croissant de données selon lesquelles la santé buccodentaire est étroitement liée à la santé globale et au recours aux services de santé,notamment pour ce qui est des maladies chroniques et des soins hospitaliers. Bien que l’indice CAO (dents cariées, absentes ou obturées) rend compte des affections dentaires survenues au cours de la vie, l’indice PUFA met en évidence les cas de négligence active et les stades avancés de la maladie carieuse et il inclut l’atteinte pulpaire, les ulcérations, les fistules et les abcès. Les données sur les maladies parodontales révèlent une tendance plus complexe. Même si bon nombre d’adultes se situent encore dans une fourchette cliniquement «normale», la répartition a évolué. La proportion d’adultes ayant des poches peu profondes (0 à 2 mm) a diminué, passant de 45 % à 13 % en 2022-2024; en revanche, la proportion d’adultes ayant des poches de 3 mm a augmenté, passant de 34 % à 51 %; et la proportion d’adultes ayant des poches de 4 mm ou 5 mm a connu une croissance, ce qui signifie des signes de maladie légère à modérée. Globalement, plus d’un adulte sur trois a maintenant des poches de 4 mm ou plus; c’était le cas d’un adulte sur cinq en 2007-2009. Cette tendance concorde avec les données mondiales qui montrent une augmentation de la prévalence des maladies parodontales. Le saignement au sondage apporte un élément supplémentaire au tableau parodontal. Le sondage provoque un saignement autour d’au moins une dent chez plus de 80 % des adultes, le taux de prévalence le plus élevé se situant chez les 20 à 39 ans (90 %). Ce résultat met en lumière un important paradoxe clinique : les jeunes adultes, souvent considérés comme un groupe à faible risque, présentent des niveaux élevés d’inflammation active. Que cela soit attribuable aux habitudes d’hygiène buccodentaire, à des visites irrégulières chez le dentiste ou à des facteurs socioéconomiques plus généraux, il faudrait envisager une intervention plus précoce de la part des professionnels de la santé buccodentaire. Pour la première fois, l’indice PUFA est inclus dans l’ECMS. Il s’agit d’un outil clinique pour mesurer les complications résultant de caries dentaires non traitées. Les résultats sont frappants : 7 % des enfants et des adolescents montrent des signes de carie non traitée à un stade avancé, tandis que 22 % des adultes étaient touchés. Voir Statistique Canada pour tout savoir sur le volet santé buccodentaire de l’ECMS de 2022-2024 : bit.ly/4uCAROb 1. Hu XF, Moharrami M, Murphy K, Clarke J. Missing teeth, mortality, and hospitalization: A population-based cohort analysis from the Canadian Health Measures Survey and linked databases. Health Rep. 2025;36(10). Dans l’ensemble, les récentes conclusions de l’ECMS révèlent des tendances inverses : bien que des progrès évidents aient été enregistrés en matière de conservation des dents et de réduction de l’édentement, les caries restent très répandues chez tous les groupes d’âge. Il faut aussi souligner l’apparition de nouvelles préoccupations afférentes à la santé parodontale et au fardeau des maladies non traitées. 20 | 2026 | Numéro 3 L’observatoire

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