Les clés d’extraction dentaire étaient largement utilisées en Europe et en Amérique du Nord dans les années 1700 et 1800, avant que des techniques plus sûres à base de forceps ne deviennent la norme. L’importance de préserver l’histoire Rowena McGowan estime que les artéfacts historiques ne sont pas que des objets de curiosité. Ils font ressortir l’origine des pratiques dentaires actuelles et leur raison d’être. « Souvent, les raisons qui expliquent pourquoi les dentistes posent tel ou tel geste deviennent apparentes seulement une fois qu’on se penche sur les circonstances qui ont mené à l’évolution de ces gestes, affirme-t-elle. On peut en apprendre beaucoup sur les choix faits aujourd’hui si on comprend ce qui se passait au moment de l’invention de ces outils et techniques. » Le recul qu’offre l’histoire est tout aussi important pour Rowena McGowan. «On ne se rend pas toujours compte du chemin parcouru ni des efforts qui ont été nécessaires pour en arriver où nous sommes. Prenons l’anesthésie, par exemple. Les dentistes ont joué un rôle central dans le développement de l’anesthésie générale et locale, une intervention que nous tenons aujourd’hui pour acquis. Quand on comprend comment étaient les choses avant, on apprécie davantage les avancées dont on profite aujourd’hui.» Selon Rowena McGowan, s’intéresser à l’histoire de la médecine dentaire, c’est aussi cultiver le respect de l’ingéniosité des générations antérieures. « On doit une tellement grande partie de ce sur quoi on dépend aujourd’hui aux efforts inlassables de ceux qui nous ont précédés. Quand on voit ce qui a été fait pour innover, surmonter les difficultés et persévérer, on comprend mieux tous les efforts qui nous ont menés à aujourd’hui. » Elle rappelle ce qu’a dit le Dr Crawford au sujet de sa collection : « On était là. On avait des difficultés, on a innové, on a progressé. » Des artéfacts parlants Parmi les objets les plus étonnants de la Collection d’artéfacts dentaires Crawford, il y a les clés d’extraction dentaire, des instruments dotés d’un crochet pour saisir une dent et la «dévisser» de la mâchoire. «Particulièrement désagréables, ces instruments ont souvent causé beaucoup de dommages à la mâchoire et aux dents adjacentes à celle qui était extraite, précise Rowena McGowan. Cela dit, par comparaison aux médecins de la même période, qui ne disposaient pas d’antibiotiques et ne connaissaient pas la théorie des germes, l’extraction pouvait offrir un soulagement efficace.» La collection comprend aussi un moulage des dents du Premier ministre John Diefenbaker. « C’est toujours intéressant d’avoir une pièce d’une personne célèbre parce qu’elle laisse voir les imperfections et les excentricités que ne montre pas un modèle en plastique. Mes parents m’ont demandé si je savais qui était Diefenbaker lorsqu’on visitait le Musée Diefenbunker un jour, et j’ai pu répondre : “Oui, on a un moulage de ses dents dans la collection.” » Les dentistes ont joué un rôle central dans le développement de l’anesthésie générale et locale, une intervention que nous tenons aujourd’hui pour acquis. Moulages dentaires en plâtre blanc du premier ministre John Diefenbaker, réalisés alors qu’il était âgé de plus de 70 ans. Sa femme Olive plaisantait en disant : « John ne trouve pas sa force dans le fauteuil du dentiste! » 23 Numéro 1 | 2026 | Point de mire
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